Une accusation pour alcool au volant peut entraîner la suspension du permis, des amendes élevées, un casier judiciaire et des conséquences durables. Pourtant, ces accusations peuvent souvent être contestées, notamment si des erreurs policières ont été commises ou si la preuve technique est discutable. Voici un guide clair pour comprendre vos options et protéger vos droits.
Qu’est-ce qu’une accusation pour alcool au volant ?
L’infraction est prévue au Code criminel, principalement :
- Conduite avec facultés affaiblies
- Conduite avec un taux d’alcool égal ou supérieur à 80 mg/100 ml de sang (0,08)
- Refus ou omission de se soumettre à un test
Au Québec, les conséquences se cumulent souvent avec des mesures administratives de la SAAQ, notamment la suspension immédiate du permis.
Peut-on contester une accusation d’alcool au volant ?
Oui. Plusieurs dossiers sont annulés ou réduits chaque année parce que :
- la procédure policière est inadéquate,
- les délais sont trop longs,
- les appareils utilisés ne sont pas conformes,
- les droits constitutionnels n’ont pas été respectés.
La contestation dépend des faits, mais elle est parfois très réaliste.
Les principales défenses possibles
Les tribunaux et les avocats s’appuient généralement sur les mêmes grandes catégories de défenses. Voici celles les plus reconnues.
- L’arrestation ou la détention est abusive
La police doit avoir des motifs raisonnables pour :
- vous intercepter,
- vous détenir,
- vous arrêter,
- vous tester (épreuve de coordination, alcootest approuvé, instrument approuvé).
Si ces motifs ne sont pas valides, l’arrestation peut être jugée illégale et la preuve exclue.
- Les droits constitutionnels n’ont pas été respectés
Votre droit à un avocat doit :
- être communiqué clairement,
- être respecté immédiatement,
- vous permettre de réellement parler à un avocat.
Aucune interrogation ne devrait se dérouler avant cet appel.
Le droit de garder le silence doit aussi être respecté.
Toute violation peut mener à l’exclusion de déclarations ou même d’un résultat d’appareil.
- Défauts dans la prise des tests
Les tests doivent respecter des protocoles stricts :
- calibration de l’instrument,
- délais entre les souffles,
- observation continue avant les tests,
- formation et certification de l’agent,
- respect des délais prescrits par la loi.
Une défaillance → la fiabilité est remise en question → la preuve peut être rejetée.
- Délais trop longs (arrêt Jordan)
Si le délai entre l’accusation et le procès est déraisonnable, un avocat peut demander un arrêt des procédures.
- Aucune preuve de conduite réelle
Dans certains scénarios :
- véhicule immobilisé,
- moteur éteint,
- absence de témoin oculaire.
La conduite ne peut pas être prouvée.
- Consommation post-événement
Si la personne a bu après l’arrêt du véhicule mais avant la prise du test, la preuve devient plus complexe.
Ce que vérifie un avocat dans un dossier d’alcool au volant
Voici les points d’analyse :
- Chronologie complète de l’interception
- Notes policières (qualité, cohérence, omissions)
- Déclarations du conducteur
- Validité juridique des tests
- Délai entre l’infraction et la mesure
- Fiabilité de l’appareil approuvé
- Respect des droits constitutionnels
- Conditions de détention
Un dossier qui semble solide peut présenter plusieurs failles invisibles pour un non-juriste.
Les erreurs qui compromettent la défense
- Plaider coupable trop vite
Surtout sans avoir consulté la divulgation de la preuve.
- Ne pas demander un avocat immédiatement
Toute question de la police peut être utilisée contre vous.
- Fournir sa version sur les réseaux sociaux
Les procureurs les consultent régulièrement.
- Ne pas noter les événements
Les délais, interactions, comportements des agents sont cruciaux.
- Manquer sa comparution
Même une erreur administrative peut compliquer la défense.
Comment se déroule la défense en 5 étapes ?
- Analyse de la preuve
Procès-verbal, notes policières, vidéos, rapports techniques.
- Détection des irrégularités
Droits non lus, protocole mal respecté, délai problématique.
- Requête pour exclure la preuve
Ex. : requête fondée sur la Charte canadienne.
- Négociation avec le procureur
Possibilité de réduire ou retirer l’accusation.
- Procès (si nécessaire)
L’avocat présente la version des faits et attaque la crédibilité de la preuve.
FAQ : Questions courantes
Peut-on éviter une suspension de permis ?
Oui, parfois grâce à une contestation fondée sur des erreurs policières ou techniques.
Est-il possible d’éviter un casier judiciaire ?
Dans certains cas, oui : négociation, vices de procédure, réduction d’accusation.
Combien coûte une contestation ?
Varie selon la complexité du dossier. Un avocat peut préciser selon les faits.
Peut-on refuser un alcootest ?
Le refus est une infraction criminelle, souvent plus grave que l’accusation initiale.
La police doit-elle absolument lire mes droits ?
Oui. Sinon, la preuve peut être affectée.
Une accusation d’alcool au volant n’est jamais simple, mais elle peut être contestée. Les défenses possibles sont nombreuses, surtout lorsqu’un avocat examine l’ensemble du dossier : procédure, appareils, délais et respect des droits. Consulter rapidement un avocat criminaliste permet souvent d’améliorer significativement vos chances d’éviter les conséquences les plus graves.



