L’arrestation est l’un des moments les plus stressants qu’une personne peut vivre. Comprendre ce que la police peut faire, vos droits et les étapes de la procédure vous aide à éviter les erreurs qui peuvent aggraver un dossier criminel. Voici un guide clair, conforme à la Charte canadienne et aux pratiques courantes au Québec.
Qu’est-ce qu’une arrestation au Québec ?
Au Québec, une arrestation est le moment où un policier prive une personne de sa liberté parce qu’il croit, pour des motifs raisonnables, qu’elle a commis ou va commettre une infraction criminelle.
L’arrestation se distingue de la détention :
- Détention : vous n’êtes pas libre de partir, mais vous n’êtes pas officiellement arrêté.
- Arrestation : vous êtes informé que vous êtes arrêté et pour quelle raison.
Cette distinction est essentielle, car vos droits se déclenchent différemment selon la situation.
Les étapes d’une arrestation au Québec
- Intervention policière
L’agent de police intercepte la personne pour vérifier une situation : comportement suspect, infraction routière, plainte, etc.
- Motifs raisonnables
Avant d’arrêter, le policier doit avoir des motifs raisonnables et probables.
Sans ces motifs, l’arrestation peut être jugée abusive.
- Arrestation officielle
L’agent doit :
- vous informer que vous êtes arrêté,
- expliquer pour quelle infraction,
- procéder de manière sécuritaire (menottage si nécessaire).
- Lecture des droits
Obligatoire en vertu de la Charte :
- Droit de garder le silence
- Droit à un avocat (y compris l’aide juridique)
- Droit d’être informé des motifs de votre arrestation
Toute omission peut justifier une contestation future.
- Fouille
La police peut vous fouiller pour des raisons de sécurité ou pour préserver des preuves.
Cela doit se faire selon des règles strictes.
- Transport au poste de police
La personne est conduite au poste pour :
- prise d’identité,
- interrogatoire,
- preuve technique (ex. alcool, drogues),
- mise en cellule si nécessaire.
- Mise en liberté ou détention
Selon l’infraction :
- remise en liberté avec conditions,
- promesse de comparaître,
- ou détention jusqu’à la première comparution.
Vos droits pendant une arrestation
- Droit au silence
Vous n’êtes jamais obligé de répondre aux questions — sauf donner votre identité.
Le silence ne peut pas être utilisé contre vous.
- Droit à un avocat
Vous pouvez appeler :
- un avocat privé,
- l’aide juridique (24/7),
- ou demander un délai raisonnable pour le contacter.
Aucune interrogation ne devrait commencer avant que vous ayez parlé à un avocat.
- Droit d’être informé
Vous devez comprendre :
- pourquoi vous êtes arrêté,
- quelles accusations sont envisagées,
- ce que la police vous reproche.
- Droit d’être traité avec respect
Toute force excessive peut entraîner des recours juridiques.
Les erreurs à éviter absolument
Ces erreurs aggravent le dossier et sont souvent irréversibles.
- Parler sans avocat
Les déclarations faites spontanément sont presque toujours contre-productives. Les juges et les avocats répètent tous la même chose : gardez le silence.
- Résister à l’arrestation
Même si vous pensez que l’arrestation est injustifiée, résister entraîne des accusations supplémentaires.
- Signer des documents sans conseil juridique
Une signature peut :
- confirmer des conditions restrictives,
- valider une version policière,
- limiter vos options de défense.
- Publier la situation sur les réseaux sociaux
Les procureurs utilisent désormais activement les publications comme preuve.
- Consommer alcool/drogue après l’arrestation
Dans les dossiers de conduite, cela peut être interprété comme une tentative de brouiller les résultats.
Que se passe-t-il après une arrestation au Québec ?
Mise en liberté par la police
Dans de nombreux cas, la police libère la personne avec :
- une promesse de comparaître,
- des conditions (ex. interdictions, couvre-feu).
Comparution au tribunal
Si vous êtes détenu, la comparution se fait souvent dans les 24 heures.
On vous lit officiellement les accusations.
Choix de l’avocat
C’est le moment clé : un avocat criminaliste peut :
- analyser la preuve,
- contester une arrestation abusive,
- réduire les accusations,
- négocier une mise en liberté,
- préparer une défense solide.
Quand appeler un avocat criminaliste ?
Le meilleur moment est immédiatement après l’arrestation, dès que la police vous lit vos droits.
Un avocat peut intervenir :
- avant l’interrogatoire,
- avant la comparution,
- pour contester la légalité de l’arrestation,
- pour protéger vos droits et votre version des faits.
FAQ : Questions courantes
Peut-on filmer une arrestation ?
Oui, tant que cela ne nuit pas au travail de la police.
Peut-on refuser de répondre aux questions ?
Oui. Le droit au silence est protégé par la Charte.
Que faire si la police n’a pas lu mes droits ?
Cela peut rendre certaines preuves inadmissibles.
Combien de temps peut-on être détenu ?
Généralement jusqu’à la comparution, dans les 24 heures.
Peut-on contester l’arrestation ?
Oui : motifs insuffisants, force excessive, droits non respectés.
Une arrestation au Québec suit des étapes précises et encadrées. Comprendre vos droits et éviter certaines erreurs peut avoir un impact majeur sur la suite du dossier. En cas d’arrestation, consulter rapidement un avocat criminaliste demeure la meilleure protection possible.

Avocat Criminaliste / Associé
Me Marc-Antoine Duchaine est titulaire d’un Baccalauréat en droit (LL.B.) de l’Université de Sherbrooke. Après ses études au Barreau, Me Duchaine débute sa carrière au sein du cabinet Couture & Boulet Avocats, où il a pu développer son expertise en droit criminel et pénal. En 2015, il co-fonde le cabinet BMD Avocats œuvrant principalement en droit criminel.
Passionné de droit criminel, il sait mettre à profit ses talents de négociateur pour ses clients. Il possède également une grande expertise en lien avec les demandes de suspension de casier (pardon) et les waivers Américain.


